Le 27 Octobre 1998, un certain syndicat nommé CNPF (Conseil National du Patronat Français) changeait de nom pour devenir le MEDEF (Mouvement des Entreprises de France).

Le 27 Octobre 1998, un éclair frappait la pelouse du stade de Kinshasa. Étrangement, la foudre tua les 11 joueurs de l’équipe de Bena Tshadi mais les onze joueurs adverses furent épargnés. On accusa les supporteurs d’avoir eu recours à la sorcellerie.

Si l’on explique aujourd’hui cette sordide bizarrerie (une histoire de crampons) il n’y par contre aujourd’hui aucune explication sur le laisser-faire autour du hold-up sémantique opéré par le syndicat français…

Il est évident que le terme Patron, par son étymologie, renvoya au patriarcat, à la domination et renvoie donc à une lutte des classes. Le terme Entrepreneur, quant à lui, même s’il désignait au Moyen-Âge, un personnage armé et menaçant, renvoie à l’imaginaire du conquérant. Il est proche en cela de l’aventurier (qui partage la même racine que joint-venture). Il a les faveurs du jeune MOUVES (Mouvements des Entrepreneurs sociaux)

Le terme Dirigeant, est ambigu. Côté face il fait « autoritaire ». Côté pile il fait « conducteur, chef de bord ». Nous le retrouvons dans le syndicat CJD (Centre des Jeunes Dirigeants)

Et enfin le Chef d’Entreprise, est peut-être le terme le plus neutre malgré son ton martial qui laisse à penser qu’une entreprise de salariés est semblable à une armée de guerriers. Un syndicat canadien utilise ce terme et il fut également en cours dans la France de 1950 (Association des Chefs d’entreprises Libres).

Entrepreneuriat et Patronat

Quand il s’agit de décrire le réseau Oui je me lance, nous oscillons entre les termes Entrepreneurs et Chefs d’Entreprise. C’est problématique car cela exclut inconsciemment le monde associatif ou les artisans, ou encore les freelances, les consultants, les indépendants, les artistes, qui pourtant font partie de notre réseau.

Et disons le tout de suite, il y a un malentendu immense lorsque l’on parle d’entrepreneurs. En effet, comme nous l’avons vu dans ce long préambule syntaxique, pour nombre de Français, un entrepreneur c’est quelqu’un qui

  • gagne beaucoup d’argent
  • veut payer moins de charges
  • voudrait licencier plus facilement

La question de la rémunération étant tabou, le malentendu persiste. Les médias se faisant l’écho de salaires mirifiques et de golden parachutes pour les « grands patrons », certains s’imaginent que les « petits patrons » c’est la même chose, mais juste un peu moins.

La réalité est tout autre ! Une étude INSEE, pas évident à interpréter, permet d’avoir déjà un aperçu. La moyenne serait de 4 000 € net mensuel. Le hic… c’est que sur le terrain, on en connaît pas beaucoup. En général, à condition d’oser poser la question, c’est plutôt deux fois moins dans les TPE…

Reste les deux autres points, celui des charges sociales et du code du travail. Ces questions sont teintées d’orientation politique hélas, ce qui peut rendre suspect toute dénonciation de ce cliché.

Il y aurait des patrons de droite qui veulent plus de flexibilité et des patrons de gauche alors inaudibles dont on ne connaîtrait pas trop les revendications. J’ose croire que cette question n’est pas politique. La preuve avec cette retentissante autre étude de l’INSEE.

53 % des entreprises ne rencontrent aucun frein à l’embauche

Oui vous avez bien lu… L’étude de l’INSEE est disponible sur ce lien. Evidemment c’est un sondage et ce sont des chiffres. Néanmoins, c’est en totale opposition avec ce que l’on entend au quotidien. Je ne peux que vous inviter à visionner cet extrait formidable de l’émission Arrêt Sur Images qui compile plein de déclarations sur le thème de : Le Patron a PEUR d’embaucher. Légende urbaine ? Offensive idéologique ? Pourquoi fait-on croire aux Français que les entrepreneurs sont frileux à cause du code du travail… alors qu’en vérité ils sont frileux à cause du carnet de commande…

Un des passages les plus « vrais » de cette émission surgit quand l’on demande à un invité, dirigeant d’une PME de 20 salariés, si quand même, il ne gagnerait pas en sérénité avec un code du travail plus souple, où l’on pourrait licencier plus facilement. La réponse de ce « patron » a de quoi surprendre la doxa !

Il existe déjà tout un tas de dispositifs […] Le code du travail c’est 150 ans de droit social ; ca été très bien fait […]

Quand il y a eu les attentats, on a perdu 50% de notre clientèle. On a réadapté l’organisation du travail pour ne pas se retrouver en sureffectif.

On a diminué le travail de nuit, on a fait des économies. Moi et mon père privés de salaire pendant un et demi. On a pu se le permettre car mon épouse travaille. […]

La première chose que font les commerçants quand ils rencontrent une difficulté c’est se priver de salaire.

Supprimer des salariés est un mauvais choix de management quand on sait que la difficulté est momentanée.

On a négocié avec les impôts pour étaler la TVA…

L’animateur (par ailleurs aussi entrepreneur) voue être scié. Et sur le plateau, la journaliste avoue avoir fait la même chose au niveau de sa coopérative de presse Alternatives Economiques.

Je me dis que l’on devrait montrer cet extrait le plus possible pour casser définitivement toutes ces idées reçues. 99% des entreprises ne sont pas dans une logique de maximisation des profits. Elles souhaitent simplement (sur)vivre et progresser. Se payer, avoir de bonnes conditions de travail et embaucher est plutôt une fierté. Un licenciement n’est jamais une partie de plaisir. Et plus pour des raisons humaines qu’économiques.

Et vous ? Quels sont pour vous les freins à l’embauche ?

 

Author: OJML